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jeudi, décembre 20 2007

Là-bas

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Là bas, tout était dérobé. Le secret marchait dans la rue, sur les murs, entre les mains. Toute femme, passant, passante, portait un secret. Il m'est arrivé de leur dire quelque chose comme ceci: "j'aime ce que vous portez, surtout quand vous vous mettez toute nue".

Là bas, je ne connaissais personne, personne ne me connaissait, je me sentais alors protégé par cette méconnaissance. J'étais en pass-age, je ne faisais que passer.

Là-bas, j'ai décidé alors de t'écrire, de te les écrire.

mardi, décembre 11 2007

Il faut du temps

Il faut du temps pour accomplir quelques pas

Il m'arrive de retrouver des pages anciennes (un mémoire, une thèse, un rien...), parcourant ces pages, je m'arrête sur certaines phrases. Lesquelles ? Celles en italique, venant de l'autre, un autre anonyme, sans note, sans nom, sans référence, référant à une voix inconnue. Devant l'inconnu, je ne peux que me perdre. Je viens de perdre un moi, son moi, je ne retrouve plus son nom, tout comme le mien. Au fait, j'aime ta phrase, mais qui es-tu ? D'où vient-elle ?

Alors, il m’arrive de retrouver mes pages anciennes. Moi. Est-ce bien moi ?

Retracer ce qui est sans trace.

mardi, décembre 4 2007

Espace

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Cet espace, cette attente, toi, cet espace, luminosité obscure, attente, mouvement, monument, toi, passage dans l’espace, séparé, séparant, certitude inquiétante : plus jamais un mouvement vers toi : désormais tous les mouvements immobiles, mouvement sans mouvement.

Personne ne se souviendra.

Photo prise à une date inconnue, dans un lieu inconnu, dédiée à une inconnue.

jeudi, novembre 8 2007

Songes de Mevlido

Mevlido leva la brique une deuxième fois, et Berberoïan, qui détestait qu’un inférieur lui cogne sur la tête, se hâta de reprendre son autocritique.

J'ai découvert l'œuvre de Volodine avec Alto solo, un livre remarquable dont le début me hante. Il y a une manière de raconter - conter, faire des contes - chez Volodine assez plaisante, un humour, un jeu, une histoire. Qu'est-ce qu'on peut demander de plus lorsque la littérature d'aujourd'hui ne nous offre plus le plaisir du texte ?

Un extrait du dernier ouvrage d’Antoine Volodine

mercredi, novembre 7 2007

Un art inexistant

Quand la France s’intéresse aux « beaux arts » iraniens, le résultat est souvent risible. Abbas Kiarostami (qui ne sait pas faire du cinéma) à Beaubourg, les photos du monde au Quai Branly. Lorsque l’art devient exotisme, lorsque le spectateur cherche à combler son ignorance par un film, par un livre, par une œuvre artistique: histoire de ne pas mourir stupide. Lorsque l’art devient une source d’information, quand on joue sur l’ignorance, sur l’absence de connaissance, une sorte de « jamais vu » pour le spectateur, jamais vu devenant déjà vu : répétition, cliché, radotage. Personne ne peut savoir ce qui est un film, ce qui est une photographie, ce qui est une œuvre. Devant l’insuffisance de ses œuvres, on est sidéré. Il est heureux d’être critique en France : apprécier et faire connaître un art inexistant.

vendredi, octobre 26 2007

Le Figaro littéraire ou la démagogie littéraire

Blanchot_Figaro_251007.jpg Le centenaire de Maurice Blanchot est l'occasion pour qu'une fois de plus, la lâcheté et le vide intellectuel se manifestent. Le Figaro littéraire, jeudi 25 octobre. Depuis quand Le Figaro est littéraire ? Regardons cette présentation. Qu'est-ce que cela montre ? Qu'est-ce que cela signifie ? Regardons ce bandeau rouge, regardons sa position. Pourquoi ce bandeau couvre la bouche de Maurice Blanchot? N'est-ce pas révélateur de ce qui se passe, autour de Blanchot, c'est à dire autour de la littérature ? Pourquoi Le Figaro littéraire est inquiet qu'on fête le centenaire d'un écrivain ? Le Figaro littéraire évoque les valeurs actuelles, cela influence, cela rappelle, cela fait agir, cela trouble: Léon Blum et de Gaulle ! Viennent ensuite les esprits médiocres de notre temps pour nous parler de Blanchot. Ainsi, un certain Éric Marty s'intéresse au passé de Blanchot. Mais où est-ce qu'on va ? Pensons un instant aux travaux de ce Sieur publiés ici et là. S'adressant à l'opinion publique, il ne cesse d'utiliser des termes comme Blanchot fasciste, passé révolutionnaire fasciste de Blanchot. Manipuler l'opinion publique est une tâche sérieuse. Comment est-ce possible ? Avec une ignorance absolue, et une indifférence, absolue: l'une va avec l'autre; l'une est l'autre. Caricaturer Blanchot, publier une caricature de Blanchot, une présentation ignoble, nous sommes bien chez Le Figaro littéraire.
Il est temps d'agir.

Liens:
- Faut-il blanchir Blanchot ?
- Un abêtissement typique de l'intellectuel européen

jeudi, octobre 25 2007

Carnet

Aimer la perfection parce qu'elle est le seuil,
Mais la nier sitôt connue, l'oublier morte...

Yves Bonnefoy, L'imperfection est la cime

J'oublie un carnet sans le perdre, je sais où il est comme je sais où tu es, au moins, je suppose. Un instant d'oubli et puis, le souvenir. Cela survient. Tu étais à l'écart, le carnet te remplaçait, te parlait, t'écrivait, te feuilletait, te commençait, te recommençait, il restait lorsque tu cessais de.. rester.(Cé, c'est toi, cela te ressemble, Cé, comme cesser, c'est, c'est qu'il n'y a plus rien?). Maintenant, tu n’es plus, le carnet n'est plus. Un carnet te contenait, toute une vie ne dépassait pas un carnet. Avec ou sans carnet, tu continues d'exister, désormais tout est abandonné dans ce monde: toi, carnet, toi dans le carnet. Tu ne liras jamais les mots qui t'étaient adressés, tu ne le sauras jamais. Peu importe. Tu survis, il survit.

Oui, tu étais le carnet même.

samedi, octobre 20 2007

Riverside

Riverside est un groupe de rock progressif d’origine polonaise. Aujourd’hui, Riverside sort la troisième partie d’une trilogie intitulée Reality Dream : Rapid Eye Movement. Sorte de rêverie qui m’intéresse. Avec quatre albums considérables, Riverside s’est imposé comme l’un des meilleurs groups de rock progressif qui est parvenu de créer une belle et étrange ambiance, et qui ne cesse de nous intriguer.

Riverside - Photo: Parham ShahrjerdiIl faut souligner le travail formidable de Mariusz Duda (guitare basse, guitare acoustique) et ses paroles (des textes, de très grands textes). Le dernier concert de Riverside en France était en avril 2006, à La Loco. Ici quelques photos de ce concert sont proposées. Riverside donnera plusieurs concerts en France à partir du mois de décembre prochain, dont le 2 décembre au Nouveau Casino.

J’aime bien cette courte présentation qu’ils sont rédigées :

Riverside - Photo: Parham ShahrjerdiRiverside is a way of expressing reflections, dreams and fantasies through music. It is an idea for exposing emotions, for an escape from the grey or unnaturally overcoloured reality. It is music inspired by a time, a place, a thought and a word, a figment of their own and other people's imagination. It is joy and sadness, a whisper and a scream.




Discographie:

Voices In My Head (2005)
Riverside

Reality Dream (Trilogie)

Out of Myself (2003)
out-of-myself.jpg

Second Life Syndrome (2005)
Riverside


Rapid Eye Movement (septembre 2007)
Riverside


Riverside est composé de:
Mariusz Duda: guitare basse, guitare acoustique, chant
Piotr Grudzinski: guitarre(s)
Piotr Kozieradzki : batterie
Michal Lapaj : clavier

Site officiel de Riverside

Riverside sur MySpace

lundi, octobre 15 2007

Présentation du livre Chroniques littéraires du Journal des débats

Présentation du livre Chroniques littéraires du Journal des débats

lundi, octobre 8 2007

Chroniques littéraires du Journal des débats

Maurice Blanchot - Chroniques littéraires du Journal des débats

Un moment important: La publication des chroniques littéraires du Journal des débats.

Chroniques littéraires du Journal des débats

Avril 1941 - Août 1944
Éditions Gallimard
Cahiers de la N.R.F
Edition établie par Christophe Bident
Le livre sera en librairie le 11 octobre.

Je dirais simplement merci, à toi, Christophe Bident, qui rends accessible ces chroniques (presque 700 pages...). Rendre possible comme rendre service, comme rendre hommage.

Jamais Maurice Blanchot n'aura écrit autant de chroniques littéraires que pendant ces années de guerre. Entre avril 1941 et août 1944, chaque semaine, un article recense un ou plusieurs livres récemment parus : romans, poèmes, essais donnent lieu à une réflexion singulière, toujours plus sûre de sa propre rhétorique, livrée davantage à l'écho de l'impossible ou aux sirènes de la disparition. Une critique de jugement ouvre la voie à une critique d'interprétation. Entre les circonstances de la guerre, ce qu'elles rendent possible ou impénétrable, et les fondements de l'acte littéraire, variables au gré des références classiques ou modernes qu'il emprunte, ce sont aussi les théories que Blanchot développera parfois bien plus tard, de La Part du feu à L'Entretien infini et même à L'Écriture du désastre, qui se trouvent ici esquissées. Non sans contradictions ni pas de côté, et dans la certitude fiévreuse d'une œuvre qui commence. Environ un tiers de ces chroniques avait déjà été repris dans Faux Pas, en 1943. C'est tout le reste que nous éditons ici. On y lira des textes sur Dante, Rabelais, Descartes, Montesquieu, Blake, Hoffmann, Jarry ou encore Joyce... On y verra revenir Giraudoux, Mallarmé, Valéry, les surréalistes français et les romantiques allemands. Ces articles révèlent la généalogie d'un critique qui a transformé l'occasion de la chronique en nécessité de la pensée.

Christophe Bident

P.S.
Maurice Blanchot a donc 100 ans. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Poser cette question. A qui ? A moi, à toi, à nous, à personne.

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